Un été, Vincent Almendros

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Sous un soleil caniculaire de juin, un voilier au nom sibyllin « Reviens », longe la baie de Capri. Cela pourrait ressembler à une carte postale de vacances idéales.
En apparence seulement. Car la chaleur suffocante alourdit non seulement l’air mais pèse aussi sur le comportement des  quatre occupants du bateau.
A l’étroit dans le voilier, deux frères et leurs compagnes se retrouvent, se défient, se jaugent et se séduisent dans un jeu dangereux où la tension est palpable à chaque instant.
Loin de la terre ferme et rassurante, les sourires se font grimaces, l’affection se mue en une animosité à peine déguisée. Mais la chaleur allume aussi des feux et embrase les corps et les gestes dans un ballet d’ardentes tentations et de retrouvailles sensuelles.
Le narrateur se sent menacé, pourtant il se tient un peu maladroit comme s’il était à l’extérieur. Un seul élément l’apaise et le rassure, la présence de l’eau. Lui, l’homme presque invisible qui n’aime entendre ni son prénom ni regarder son reflet, plonge très à l’aise et avec délice dans la mer presque tiède.

Des moments qui sont aussi des instants de respiration pour le lecteur qui voit scintiller le plancton tel un cercle d’étoiles ou s’amuse comme un enfant à tenter de caresser le dos d’un poisson.

Vincent Almendros crée admirablement une atmosphère en suspens, presque oppressante par les non dits, l’importance que l’auteur donne aux expressions du visage ou aux détails vestimentaires comme le panama de Jean, les lunettes de soleil de Lone ou le maillot de bain de Jeanne. Par les attitudes furtives des personnages et la confusion dans la compréhension des mots « je t’attends » pour « tu m’entends ».

J’ai beaucoup aimé ce livre dont le personnage féminin me fait penser au portrait acéré et mélancolique de « La femme fardée » de Françoise Sagan, qui se passe aussi  dans le huis clos d’un bateau comme pour « un été ».

Les personnages  s’aiment, se jalousent, s’épient dans une atmosphère électrique, prisonniers du lieu et de leurs sentiments.
Le dialogue à l’intérieur du texte sans aération fait penser à une certaine irréalité, comme si les choses étaient immobiles.

Mais les événements se passent… jusqu’à l’épilogue. Saisissant.

 

 

 

 

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