Par amour, de Valérie Tong Cuong

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Le Havre sous l’occupation, le Havre sous les bombes alliées.

 Une ville privée de la force de ses hommes, de la joie de ses enfants évacués dans des camps scolaires ou en Algérie, de la tendresse de ses mères foudroyées par la tuberculose.
Rasée de ses écoles, de ses quartiers.

Valérie Tong Cuong  retrace le martyre de ses habitants de 1940 à 1945 en faisant parler tour à tour les membres d’une famille.
Joffre et Emélie avec leurs deux enfants adolescents Lucie et Jean, leur cousin Joseph et la petite Marline qui vivent avec leur mère Muguette sans nouvelle de son mari depuis la mobilisation.

Chacun raconte ce qu’il vit, ce qu’il ressent, tout ce en quoi la guerre a mis fin brutalement et sans retour possible en arrière, dans leur vie d’enfant, de parents et d’époux.
Un vide, un gouffre de cinq années semblable aux trous d’obus et aux maisons éventrées.

Une ville détruite, une vie de gens ordinaires anéantie.

Chacun dit comment il arrive à s’adapter à l’état de guerre, aux privations, à continuer à aimer ses proches et à s’entraider malgré les doutes et les rancunes . Comme par exemple ceux qui remontent à l’enfance et à la personnalité radicalement différente des deux soeurs Emélie et Muguette.
Ils parlent de la honte, de la peur, de la faim, du mensonge pour ne pas mettre en danger ceux qu’on aime, de la souffrance et de la culpabilité à devoir abandonner ses enfants pour les sauver ou les garder au risque qu’ils meurent sous les bombes.

Rester vivant coûte que coûte, pour ceux qu’on aime plus que pour soi même.

C’est un vent de force et de courage qui fait vivre les personnages du livre.
C’est aussi une chambre à soi, la conservation d’un jardin secret intime qui reste le leur malgré l’horreur de la guerre et ses conséquences.

L’auteure a réalisé un énormes travail de recherches comme le témoigne sa bibliographie, à une époque où les archives ont été pour la plupart détruites et sont donc devenues rares.
J’ai été marquée par les épisodes des bombardements, les évacuations forcées ou consenties des enfants, les ravages de la tuberculose, ses traitements douloureux et l’impuissance du corps médical malgré tous leurs efforts à guérir ce nouveau fléau.

C’est un regard sur le passé, l’enfant est devenu adulte, c’est lui qui raconte.
L’uniformité du style qui renforce le plaisir de la lecture ne m’a donc pas surprise ou déçue.

J’ai ressenti aussi toute l’empathie et l’amour de l’écrivain pour le Havre et les personnages de son roman au point qu’ils sont devenus réels à mes yeux et que j’ai eu du mal à les quitter.

 

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