Lambeaux, Charles Juliet

lambeaux pol

J’avoue, j’ai lu enfin l’immense écrivain Charles JULIET, une lecture que je différais à chaque fois comme un présent que l’on ne veut pas ouvrir immédiatement.

J’ai attendu la fin du jour et son calme pour me nourrir entièrement  des mots de « Lambeaux » qui  m’a aimantée et profondément touchée tant sur le sujet que sur l’écriture.

Sublime, admirable , le vocabulaire me manque parce que le récit de Charles JULIET  m’a bouleversée, me faisant tanguer vers une ivresse de mots et de sensations et m’a apporté en même temps une très grande sérénité comme si un manque venait d’être comblé.

Lambeaux m’a fait vivre un de mes plus beaux moments de lecture !

Bien sûr, je vais continuer avec la poésie et la lecture du journal  pour continuer à découvrir et aimer l’écriture de ce très grand Monsieur de la littérature française.

Merci Monsieur Charles JULIET.

charles juliet

« Ni l’une ni l’autre de tes deux mères n’a eu accès à la parole. Du moins à cette parole qui permet de se dire, se délivrer, se faire exister dans les mots. Parce que ces mêmes mots se refusaient à toi et que tu ne savais pas t’exprimer, tu as dû longuement lutter pour conquérir le langage. Et si tu as mené ce combat avec une telle obstination, il te plaît de penser que ce fut autant pour elles que pour toi.

Tu songes de temps à autres à Lambeaux. Tu as la vague idée qu’en l’écrivant, tu les tireras de la tombe. Leur donneras la parole. Formuleras ce qu’elles ont toujours su.

Lorsqu’elles se lèvent en toi, que tu leur parles, tu vois avancer à leur suite la cohorte des bâillonnés, des mutiques, des exilés des mots

ceux et celles qui ne se sont jamais remis de leur enfance

ceux et celles qui s’acharnent à se punir de n’avoir jamais été aimés

ceux et celles qui crèvent de se mépriser et se haïr

ceux et celles qui n’ont jamais pu parler parce qu’ils n’ont jamais été écoutés

ceux et celles qui ont été gravement humiliés et portent au flanc une plaie ouverte

ceux et celles qui étouffent de ces mots rentrés pourrissant dans leur gorge

ceux et celles qui n’ont jamais pu surmonter une fondamentale détresse »

 

 

 

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