Underground railroad de Colson Whitehead

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J’ai parcouru bien des kilomètres et traversé nombre d’ Etats pour suivre l’histoire poignante de Cora, une jeune esclave noire au service de la famille Randall comme l’était sa mère Mabel et avant elle sa grand-mère Ajarry.
Une lignée de femmes comme tant d’autres forcée à quitter l’Afrique et vendue à une riche famille de planteurs de coton, les Randall qui possède un domaine en Georgie du Sud.
Malgré une servilité violente et impitoyable, ces femmes parviennent à conserver en elle une parcelle de puissance et la volonté indestructible de rester une personne libre et entière.
Nous sommes en 1820, Cora se retrouve seule au domaine. D’abord hésitante ne sachant pas choisir entre la voix de la sagesse de sa grand-mère qui a passé sa vie entière au domaine et celle rebelle de sa mère qui est partie un jour brutalement sans rien lui dire, Cora prend le parti de s’enfuir avec Caesar .
Ensemble, ils parcourent la piste de la liberté pour tenter de rejoindre les Etats abolitionnistes aidés par un réseau de familles blanches hostiles à l’esclavage. La route de la liberté brille par ses mots mais en réalité, elle est jonchée de cadavres et de pendaisons où la mise à mort d’individus est un spectacle, une route encombrée de trahisons et de mensonges, de la Georgie du Sud à l’Indiana, la route de la liberté a un prix. Poursuivie par un chasseur d’esclave Ridgeway, cynique et brutal, la jeune Cora n’est jamais tranquille et ne trouve le repos nulle part.

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Une interminable traque humaine, un jeu de vie et de mort que l’écriture à la fois ample et serrée renforce et par l’alternance du point de vue du chasseur d’esclaves et de ses victimes.
J’ai aimé l’emblème que prend la route de la liberté, un réseau de chemin de fer clandestin et souterrain, un tunnel sans début ni fin comme l’est notre soif de liberté et de tolérance et ce, quelle que soit la couleur de la peau.
Ce n’est pas le premier livre qui parle de l’histoire de l’Amérique au temps de l’esclavage mais il fait bien prendre conscience des racines d’un mal qui touche encore violemment le pays.
Pour tout ceci, ce texte m’a profondément touchée et résonne malheureusement toujours dans l’actualité quand j’ai entendu que des migrants du Moyen-Orient étaient vendus comme esclaves.
Des guerres, encore des guerres, des peuples soumis, des individus broyés, seule la terre garde la trace de nos origines.

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